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PRIX POWERHOUSE 2016

Exposition des finalistes / Vote des membres du 9 septembre au 7 octobre 2016
Vernissage Vendredi 9 septembre, 18h à 21h
Finissage / Remise du Prix Vendredi 7 octobre, 18h à 21h

La Centrale est très fière d'annoncer
LES GAGNANTES DU PRIX POWERHOUSE 2016!

kimura byol-nathalie lemoine
Manon Labrecque
Alexis O'Hara

Suite à des réflexions concernant la nature du Prix, partagées par les travailleuses autant que par les membres, ainsi que la donatrice anonyme, nous avons décidé d'un commun accord de récompenser le travail des trois artistes en nomination cette année et d'attribuer un prix conjoint d'un montant égal à 3 333$ par artiste! Le processus des prix Powerhouse à venir sera à discuter avec la donatrice et les membres dans un second temps.


MOT DU JURY

Le choix des finalistes de cette édition du Prix Powerhouse fut engageant, chaotique, mais limpide à la fin du processus. Initialement assises à une table pour débattre des dossiers, cet exercice témoigne au contraire de l’union de membres d’une communauté artistique, non pas pour décider du sort final, mais pour identifier les critères et les questions plus larges permettant de nommer les bénéficiaires de ce prix. Il ne s’agissait pas de faire le choix le plus évident, de souligner la carrière la plus longue, la pratique artistique la plus reconnue ou non, mais plutôt d’examiner de près les pratiques reflétant les conditions liminales et systémiques conditionnant la visibilité des artistes à Montréal et dans le monde de l’art d’aujourd’hui. Compte tenu de la richesse des candidatures, nous avons choisi de reconsidérer nos réflexes habituels, de mettre à l’épreuve la rectitude politique, de bien saisir l’esprit initial du Prix Powerhouse, la pertinence de cette forme de reconnaissance, le rôle des institutions et des réseaux montréalais dans cette équation. Bien que les candidates soient toutes profondément investies dans leurs pratiques et communautés respectives, ce prix offrira une visibilité, un soutien financier et l’occasion de découvrir le travail d’artistes méritant une plus grande reconnaissance. Notre choix en tant que membre de jury fut de mettre en valeur la volonté de transgresser les disciplines, les normes et les communautés.

 

 

kimura byol-nathalie lemoine

Les nombreux noms de star kim / cho mihee / kimura byol / nathalie lemoine parlent de la complexité de ses identités. Sa pratique d’art crée un espace pour apprécier la qualité matérielle des identités : à la fois instable, construite et réelle. yel.le est adopté.e Belge, d’origine coréenne, ayant immigré au Canada. En tant que queer racialisé.e ayant été élevé.e par des Européens blancs, kimura-lemoine, dont la pratique d’art englobe le cinéma, la vidéo, la calligraphie, la peinture, la photographie, le numérique, l’action, et l’art conceptuel, nous amène à questionner notre perception socialisée et oppressive de l’identité. Pratiquant depuis les années 1980, yel.le le fait avec une douceur et un esprit ludique affirmé, en utilisant une esthétique DIY. Sa pratique multidimensionnelle, prolifique et persistante, malgré les cadres établis de l’art contemporain, fait écho à sa présence durable et généreuse dans les communautés féministes montréalaises, en tant que commissaire, documentariste, et membre du GIV, de La Centrale et de Qouleur : un festival d’art 2QTPOC (2-spirited-queer-trans-personnes de couleurs). Le jury a tenu à souligner la contribution intersectionnelle de kimura-lemoine aux communautés artistiques féministes ainsi qu’à mettre en évidence sa pratique extensive qui a constamment et courageusement défié la catégorisation. Alors que kimura-lemoine a reçu de la reconnaissance surtout à l’extérieur du Québec, sa nomination signale un changement positif dans le paysage de l’art féministe de Montréal: un changement à travers lequel les agent.e.s ne se battent pas seulement contre les obstacles systémiques qui excluent les femmes blanches dans l’intégration des circuits de l’art, mais aussi ceux qui empêchent les femmes de couleur, queer, de genre non-conforme, et les artistes trans, d’être considéré.e.s selon leur propre mérite.

 

 

Manon Labrecque

La candidature de l’artiste chevronnée Manon Labrecque a retenu l’attention du comité pour sa poursuite d’une pratique exigeante en installation cinétique, apanage encore très souvent des hommes. Elle a ainsi ouvert de nouvelles perspectives pour d’autres générations d’artistes, tout comme elle l’a fait, à ses débuts dans les années 1990, en tant que figure marquante de l’art vidéo dont elle enseigne désormais les rudiments. Inscrivant sa pratique dans un créneau spécifique peu fréquenté par les artistes femmes, Manon Labrecque a développé une démarche dont les enjeux stimulent de fécondes réflexions sur la constitution du sujet contemporain. Par des stratégies complexes que Labrecque a mises au point, comme celles de l’auto-tournage, ses œuvres mettent en scène le corps et ses images. Elles affirment ainsi la dimension performative du sujet en exposant ses vulnérabilités et, de ce fait, paradoxalement, son pouvoir d’agir. Quand les représentations du corps se font absentes, ses installations élaborent des métaphores ludiques des mécaniques de subjectivation et d’assujettissement, amplifiant ainsi dans l’expérience de réception le rôle des contingences. Au cœur des œuvres de Labrecque, les dérèglements contrôlés, provoqués et subis, sont autant d’occasions d’éprouver des tensions entre le soi et le monde dans des rapports où la technologie, certes artisanale, est impliquée. Les créations de l’artiste, sous les formes incertaines d’automates vacillants et de machines de vision en apparence innocentes, révèlent le travail des normes dont elles jaugent les pouvoirs, même dans ses tenants les plus intériorisés.

 

 

Alexis O'Hara

Le jury a souhaité honorer la qualité continue et la cohérence du propos de l’artiste Alexis O’Hara qui, depuis quelques vingt ans, développe une œuvre singulière, dense et protéiforme. L’univers à la fois personnel et collaboratif d’O’Hara, le rapport qu’elle entretient aux jeux scéniques et surréalistes, aux improvisations vocales et électroniques, aux enjeux politiques et sociaux ainsi que la consistance de son projet artistique ont convaincu le jury. La pratique d’Alexis O’Hara se déploie dans une diversité de médiums et de formes, de lieux et d’échelles : improvisations électroniques, performances, vidéos, installations et objets, galeries, théâtres, bars, terrains vacants, hall de centre commercial... Si son œuvre dans son ensemble puise son inspiration dans la fragmentation des identités sexuelles, linguistiques et culturelles, c’est un travail interdisciplinaire et politique qu’Alexis O’Hara invente. Très intéressée par la culture post-apocalyptique, la biologie humaine et la science cognitive, O’Hara invente des personnages, collabore en duo d’art sonore androgyne, participe à des projets collaboratifs, ou encore performe à l’étranger. En 2015, le Mois Multi accueillait son œuvre La Couvée, une installation-performance immersive, où le public était invité à entrer dans un cocon d’œufs à l’intérieur duquel on assistait à une méditation sur les cycles de la vie des dieux, des mortels et des extraterrestres – une critique de la marchandisation de la fertilité des femmes. La mode, la fertilité, les stéréotypes sexuels et la construction sociale du féminin et du masculin, sont autant de sources de recherche dont l’artiste nourrit son travail.


 

 

nathalie lemoine (나타리 르무완 * ナタリー.ルモワーヌ) est un.e artiste féministe, conceptuel.le, et multimédia dont les thèmes privilégiés sont les identités (la diaspora, l’ethnicité, le colorisme, le post-colonialisme, l’immigration, les genres) et l’exprime par la calligraphie, la peinture, les images manipulées, la poésie, la vidéo et la photographie. son travail a été exposé, projeté et publié internationalement. Comme commissaire, yel.le développe des projets donnant la voix et la visibilité aux minorités, et continue son travail de militant.e. en documentant les archives de l’histoire des adoptés (à l’étranger) dans les médias et les arts sur le site ACA (les archives culturelles des adopté.e.s).

 

Manon Labrecque possède une formation en danse contemporaine et en arts visuels. Artiste multidisciplinaire depuis 1991, elle réalise des vidéos (vidéos monobandes et installations vidéo), des performances, des dessins, des photographies et des installations cinétiques et sonores. Les traversées (2012), une installation cinétique et sonore, est actuellement présentée au Musée national des beaux-arts du Québec dans le cadre de l’exposition Installations [à grande échelle] du 24 juin 2016 au 19 février 2017. De plus, du 27 août au 23 octobre 2016, une exposition solo réunissant 5 œuvres récentes, L’origine d’un mouvement commissariée par Nicole Gingras, sera présentée au centre d’exposition EXPRESSION de St-Hyacinthe. Cette exposition a également été présentée à AXENÉO7 et à la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen de Moncton, en 2015.

 

La pratique interdisciplinaire d'Alexis O'Hara exploite les allegories de la voix humaine via l’improvisation électronique, la performance et l’installation. Son installation SQUEEEQUE - L'igloo improbable fût la première acquisition du Haus für Elektronische Kunst à Bâle. Une des premières artistes à incorporer le looping et la manipulation électronique live au spoken word, elle a partagé la scène avec diverses artistes dont Diamanda Galàs, Ursula Rucker et Herni Chopin. Ses performances ont été presentées à travers le Canada et les États Unis, en Europe de l’ouest et de l’est et en Amérique Latine. Elle a réalisé des résidences de recherche au Canada, au Mexique, à Cuba et en Autriche. Alexis et son alter-ego, Guizo La Nuit, sont des incontournables de la scène cabaret de Montréal. Elle entretient deux projets musicaux avec l'artiste Stephen Lawson, GuiGi, l'unique-au-monde duo drag king/drag queen et 10,000 Horses, duo de soeurs jumelles descendues des cieux pour célébrer la tristesse et la puissance féminine.

 

Le PRIX POWERHOUSE est un prix de reconnaissance bisannuel décerné par La Centrale qui a pour but de souligner la pratique d’artistes femmes ayant atteint ou dépassé le stade de mi-carrière et ayant contribué de manière significative au milieu culturel montréalais. Le PRIX POWERHOUSE comprend une bourse de 5 000$ et deux de 2 500$, ainsi qu’une exposition d’un mois à La Centrale pour les trois artistes finalistes. La gagnante sera déterminée par le votre des membres, recueilli tout au long de l'exposition.

 

CRITÈRES D’ADMISSIBILITÉ:

- Être une artiste femme ou s'identifiant comme tel, âgée de 37 ans et plus
- Vivre dans la grande région de Montréal à la date de nomination

- Être nominée par une tierce personne (seule une nomination par artiste sera considérée)
- Avoir reçu une reconnaissance insuffisante de la part des principales institutions
- Poursuivre une carrière artistique professionnelle et de façon soutenue en arts visuels (incluant les nouveaux médias, l’art sonore et la performance)
 depuis au moins 10 ans

N.B. Les membres du conseil d’administration et les travailleuses de La Centrale ne sont pas éligibles

 

NOMINATION

Pour nominer une artiste, veuillez remplir le formulaire ci-joint et nous le renvoyer dans un courriel expliquant votre choix, en vous basant sur les critères ci-mentionnés. N’oubliez pas d’indiquer pourquoi l’artiste est sous-représentée et d’inclure des exemples de son travail.

Veuillez inclure vos coordonnées (courriel, téléphone, adresse postale) et celles de votre candidate.

Les nominations doivent être envoyées au plus tard le 15 avril 2016 par e-mail ou Dropbox à l’adresse suivante : programmation@lacentrale.org

 

La Centrale aimerait souligner la généreuse contribution d’une donatrice anonyme qui a rendu ce prix possible.