Skip to Content

D E S C O L O N Í Z O M E !
Nuria Carton de Grammont
Silvia Juliana Mantilla Ortiz
Fritta Caro

Visite le Samedi 20 mai 2017, de 14h à 18h

La Centrale accueille La visite : DESCOLONÍZOME!, une rencontre publique avec Nuria Carton de Grammont, historienne de l’art spécialisée en art contemporain latino-américain; Silvia Juliana Mantilla Ortiz, artiste et organisatrice communautaire de IMI Corona (Immigrant Movement International Corona, NY); Fritta Caro, fiction de femme artiste latino-américaine résidente à Montréal; les membres et le public de La Centrale.

La visite est une rencontre qui se veut un laboratoire de confrontation de stéréotypes, de réaffirmation des identités, de construction de nouveaux récits individuels et collectifs, de partage de ressources de survie. La visite, comme intention artistique, trouve son origine dans les premières années d’immigration de Fritta Caro. Ces premiers contacts sociaux ont été déterminants pour la mise en doute des métadiscours, pour la reformulation des mythologies individuelles, pour la reconstruction de l’image de soi; manœuvres inévitables pour arriver à s’adapter à la société d’accueil.

Cette visite à La Centrale se veut aussi lieu de résistance aux discours officiels et marchands à propos de ladite « diversité » à Montréal.

Descolonízome, mot hispanophone qui veut dire Je me décolonise-moi-même! est le désir d’enclenchement d’un processus collectif, mais autonome, de questionnement des hiérarchies coloniales /« postcoloniales » qui opèrent encore dans l’art actuel. À partir de trois conditions migratoires particulières de ce côté de l’Amérique du Nord, nos invitées vont partager leurs préoccupations et stratégies de décolonisation liées aux arts visuels contemporains à partir de leurs expériences. Elles parleront d’art et d’immigration, de possibles stratégies d’inclusion des artistes de « minorités » culturelles par les institutions, et de pratiques de solidarité à travers l’art à l’heure actuelle.

 

PROGRAMME

Introduction et accueil de la visite
Par Fritta Caro (Montréal)

Fritta Caro, fiction de femme artiste latino-américaine à Montréal, est l’hôte de DESCOLONIZOME ! Elle fera la mise en contexte des cette visite qui s’avère la suite d’un dialogue entamé à La Centrale depuis DémocrAstie!: Action is progress, en décembre 2015.

 

Pratiquer la diversité et l’art de la différence
Par Nuria Carton de Grammont (Montréal)

Résumé : Dans le cadre du débat global sur la place de la différence dans la société actuelle, des discours se font place, mais aussi des politiques publiques se mettent en place. Plus que jamais la question neozapatiste “comment créer un monde où sont possibles de nombreux mondes ?” devient pertinente. Cette présentation vise à réfléchir sur la diversité culturelle dans le milieu artistique québécois : quels sont ses enjeux et engagements. Je propose comme point de départ, de penser la diversité comme pratique, action et performance.

 

Monstrita Adentro: Facing our Inner Monsters in our Path to Decolonization at IMI Corona
Par Silvia Juliana Mantilla Ortiz (NY)

Résumé: IMI Corona is an inter-generational, volunteer-led community space for alternative education supported by the Queens Museum. IMI Corona uses art as a tool for organizing, and for building political consciousness and power among mixed-status, working class immigrant families in Corona, Queens. Since 2014 IMI Corona has been led by the Community Council a body that exists to help us break the doors that lock us in, so that our mind can fly more, so that we can connect our experiences and imagine new ways to live, to follow our dreams, and to fight and struggle together to make them a reality. 

In this presentation an overview of the project and the community, as well as ongoing work being led by the Community Council, will be presented. At the center of this work is an effort to decolonize the ways that we build and relate to each other, and how we build our analysis of the current political crisis for migrants in NY and beyond. Using La Monstrita Justiciera (Little Justice Monster), the symbol of IMI Corona's Educational Justice campaign, as a point of departure, this conversation will explore the monsters we all have within us and how we might begin to face them in our path to decolonization. 

 

Dialogue avec le public
Le dialogue sera ensuite ouvert aux personnes présentes.

Liens
Fritta Caro
La visite
Queens Museum - Immigrant Movement International
IMI Corona (Immigrant Movement International Corona, NY)
 

 

Fritta Caro représente l’adaptation identitaire forcée: résidente permanente ou nouvelle citoyenne canadienne, elle porte une mémoire, une logique et des raisons existentielles inconnues par le gouvernement et la société d’accueil. Son image laisse transparaître l’incohérence d’un cheminement d’intégration superficiel et l’adoption d’une identité factice. Elle est incarnée par Helena Martin Franco, artiste originaire de la Caraïbe colombienne. Helena vit et travaille à Montréal depuis 1998. Titulaire d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal, elle s’implique activement dans le réseau des centres d’artistes autogérés à Montréal. Elle fait partie de plusieurs collectifs de diffusion d’arts visuels, dont un au Québec : L'Araignée. Dans une perspective de genre, elle établit des liens entre ces collectifs et des organismes culturels afin de favoriser la rencontre et l’échange des pratiques artistiques, notamment entre le Canada et la Colombie. Sa pratique interdisciplinaire explore le métissage des différents procédés artistiques et l’hybridation entre les techniques traditionnelles et les nouvelles technologies. À partir d’autofictions, elle dévoile la perméabilité des frontières des identités culturelles, nationales, du genre, à travers la mise en dialogue de l'action, de l'image, du texte.

 

 

Nuria Carton de Grammont (Mexique, 1978) est historienne de l’art, commissaire indépendante et chargé de cours à l’Université Concordia spécialisée en art contemporain latino-américain. Elle détient un doctorat en Histoire de l’art de l’Université Concordia et deux postdoctorats, le premier au Centre d’Études et de Recherches Internationales (CÉRIUM) et le deuxième au département de géographie de l’Université de Montréal où elle a également coordonné le Réseau d’Études sur l’Amérique Latine (RÉAL). Elle a publié plusieurs articles dans les revues Les Cahiers ALHIM, Fractal, ESSE arts + opinions, Inter-Art Actuel et Archée et coédite l’ouvrage Politics, Culture and Economy in Popular Practices in the Americas (Peter Lang, 2016). En tant que commissaire elle a notamment présenté Narco-culture and the art of violence (2014) au Centre for Ethnographic Research and Exhibition in the Aftermath of Violence, et elle a co-comissarié avec Véronique Leblanc l’exposition Gilberto Esparza. Plantas autofotosintéticas à la Galerie de l’UQAM au printemps 2017.

 

Silvia Juliana Mantilla Ortiz is an artist, educator and organizer whose work is located at the intersection of oral histories, migration, queerness and feminism. She has been involved with IMI Corona since 2012 where she is currently the IMI Corona Community Organizer. SJMO holds a Master of Fine Arts in Public Practice from Otis College of Art and Design and a Bachelor of Arts in Fine Arts with a Concentration in Latina Studies from Williams College. SJMO also holds deep community-building knowledge gained in informal contexts that tend to prioritize popular education, popular organizing and popular art. This knowledge through practice has been and continues to be built through her involvement with collectives and organizations that insist on the need for artists and neighbors to be in deeps solidarity with social justice movements such as Talk Is Cheap, Mobile Print Power, Pedagogy Group, ICE Free Queens, and Queens Is Not for Sale. SJMO has strong links to many communities but currently resides in Jackson Heights, Queens where she loves to cook for her friends, sing karaoke, and ride her bike.