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Les contagions barbares
Exposition de maîtrise
Marie Dauverné

Exposition 28 octobre au 2 novembre
Finissage vendredi 1er novembre, 17h-19h
 

Entre mes montagnes natales et Montréal, y'a un paquet d'affaires en grumeau, pas toujours digérées. Des questions de sexe, de mort et de religion en particulier. Ne fais pas l'étonné-e : dans ma position, c'est toujours d'actualité. Lesbomontagnarde, mountainqueer, chamois dégenré transnational : je te fais des propositions, des fois que tu voudrais m'appeler.
 

Les discours qui insultent notre capacité à respecter les personnes pour ce qu'elles sont, avec leur bagage de vécu, de valeurs – aussi différentes soient-elles – je dis non! Assez! Stop! Basta! Enough!  Ces maudits discours, je les entends partout. Dans les médias, dans l'opinion, dans les discussions au quotidien. Je ne peux quand même pas me ramasser avec ça, puis aller dessiner un joli paysage enneigé (j'aime beaucoup les paysages enneigés, qu'on ne me prête pas de snobs intentions). Alors oui, scoop :  un contexte social, ça change. Et l'histoire, ça s'écrit. Après, la question c'est toujours de savoir qui tient le crayon. De toutes façons, il y a toujours quelqu'un pour s'inquiéter de quand tout ça va (mal) se terminer. On le sent, c'est un peu crispé. Ça se polarise. Ça se gargarise de «  eux » , de «  nous » , d'identité avec un grand «  L' » , de chartes exclusives à gogo (et surtout sans aucun morceau de tissu), de frontières, de quotas, de formulaires à deux cases – genre pas de choix. Tu l'auras compris : ce type de discours (oui, ceux qui appellent les gros mots comme eurocentré, néocolonial, patriarcal, hétérocentré, blanc), j'ai envie de mordre dedans.

Animal montagnard transnational adapté au milieu urbain, je me considère comme une artiste alliée. En dessin, vidéo et installation, je crée des histoires à partir de pans de ma vie, de l’histoire « officielle » et des derniers potins de la voisine. Parce qu'il faut bien faire entendre sa voix - la mienne est queer - face au contexte un brin réac' dans lequel je baigne avec mes ami-e-s. Mes histoires plus ou moins loufoques ont principalement été vues en galerie et lors de festivals vidéo à Montréal, et m'ont menée à performer avec une bibitte en chiffon à New York, Genève, Toronto, en passant par des fonds de vallées bien reculés en France et au Québec.