Du 11 novembre 2011 au 11 décembre 2011

FALLING WOMAN

CHRISTINE D'ONOFRIO, vancouver

Exposition 11 novembre au 11 décembre 2011
Vernissage vendredi 11 novembre, 19h
Présentation d'artiste samedi 12 novembre, 15h

Falling Woman, une exposition du travail de Christine D'Onofrio, présente une vidéo grand format en boucle mettant en scène une femme prise dans une chute sans fin.

La chute fait référence à de nombreuses œuvres de l'histoire de l'art et à plusieurs événements médiatiques. Ceux-ci vont du photomontage d'Yves Klein Saut dans le vide, à la perte de contrôle dans les gestes humbles qui est le sujet des performances de Bas Jan Ader intitulées Falling Pieces, jusqu'à la scène de la jupe de Marilyn Monroe soulevée par le vent dans Seven Year Itch, où la fameuse attitude séductrice de Monroe camoufle un moment humiliant. D'Onofrio évoque l'influence qu'a eu le discours féministe sur sa propre pratique et sur son positionnement actuel, en faisant particulièrement référence à l'artiste de la deuxième vague féministe, Ana Mendieta, connue pour ses performances et ses installations in-situ. Mendieta a tenté de récupérer le corps nu dont l'œil masculin s’était emparé; dans sa série «Sileuta» elle a inséré son corps dans l’environnement en y imprimant les contours de sa silhouette. Cette série préfigurait sa mort prématurée et suspecte. Dans Falling Woman, le corps continue d'être un champ de bataille pour le désir et l'exploitation. La chute dans cette œuvre représente l'intérêt qu'a D'Onofrio pour les représentations contrôlées de l'inconscient. L'œuvre joue avec l'interprétation du rêve où l'on tombe comme une perte de contrôle ou le sentiment de peur et d'humiliation que l’on éprouve dans les rêves où l'on se retrouve nu. Le vent de la chute en poussant la robe de la protagoniste par-dessus sa tête dissimule son identité en même temps qu’il expose son corps. Il joue ainsi un rôle naturel de séduction que la caméra exploite. L'autonomie et le contrôle s'affrontent, puisque le sujet n'a pas sauté, n'a pas été poussé et n'atterrira jamais; elle est plutôt au milieu d'une chute continuelle. La rencontre de ces moments se manifeste dans un ciel sublime infini où nous sommes témoins de la lutte de cette femme qui tente de se connecter avec lui.

À côté de Falling Woman, D'Onofrio présente son nouveau travail, Feminist Joke Book, un livre en accordéon de 21 pages imprimé en typographie traditionnelle intitulé “How many Feminists does it take to change a Lightbulb?" (Combien de féministes ça prend pour changer une ampoule?) Le livre révèle plusieurs réponses à cette blague iconique : certaines font allusion aux stéréotypes de la pudibonderie féministe, comme dans la réponse classique « That’s not funny » (Ce n’est pas drôle), tandis que d’autres se rapportent aux tactiques et aux processus nécessaires aux féministes pour se faire entendre. Ce sont peut-être ces stigmas et ces réputations qui ont compliqué les déclarations féministes ou qui les motivent aujourd’hui. Les réponses aux blagues machistes mêlées à celles pleines d'espoir progressent dans un ordre chronologique qui suit les différentes vagues féministes. Le livre se termine avec la réponse “Trick question. Feminists can’t change anything” (Question piège. Les féministes ne peuvent rien changer) - constat des difficultés à créer du changement.


Christine d'Onofrio est une artiste qui vit et travaille actuellement à Vancouver (BC). Son travail se concentre sur la mise en scène d'objets vers des tropes esthétiques distinctes de l’histoire de l’art et des interrogations autour de l’identité et de la signification culturelle. Elle a obtenu son Baccalauréat en Beaux-Arts à la York University à Toronto et sa Maîtrise en arts visuels à l’University of British Columbia. D’Onofrio a travaillé à l’University of British Columbia, à l’Emily Carr University of Art and Design, à l’University of Toledo, à l’University of Windsor, et a beaucoup exposé à travers le Canada.

Christine D'Onofrio aimerait remercier le Conseil des arts du Canada pour leur appui généreux dans la recherche et la production de Falling Woman.