Du 02 septembre 2019 au 06 septembre 2019

/À travers le corps/Avec le corps/

Résidence en performance avec Bojana Videkanic, Claudia Bernal et les étudiant.e.s de l'univeristé de Waterloo

« La visibilité est un piège qui amène à la surveillance et à la loi ; elle provoque le voyeurisme, le fétichisme, l’appétit colonialiste/impérial de posséder. Elle ne perd pas pour autant son attrait politique ». (Peggy Phelan, Unmarked, 6)

Le corps est à la fois puissant et vulnérable. Il porte, prend soin, pousse, garde et donne ; il est fatigué, fragile ; il est surveillé, codifié, limité, torturé, souvent visible, mais certains corps en particulier sont de plus en plus invisibles ; un corps est politique, il se défend, il soutient et il crée. En tant qu’outil, médium, locus, un lieu de pouvoir et de lutte, le corps est important. C’est pourquoi la performance artistique s’est récemment popularisée. En tant que forme artistique, elle a la possibilité d’invoquer les états, les idées et les significations mentionnés ci-dessus, précisément car elle les exprime de manière poignante par la proximité et le contact de divers corps (performeur(se)s, publics, témoins, etc.). Elle rend visible le corps, ainsi que celles et ceux qui l’observent et le témoignent. Elle dévoile autant qu’elle cache.

Durant un atelier de performance de cinq jours et une présentation publique, en collaboration avec l’artiste montréalaise Claudia Bernal et la Centrale, l’artiste de la performance Bojana Videkanic et ses étudiant(e)s en performance artistique du département des beaux-arts de l’université de Waterloo évoqueront les différentes manières par lesquelles le corps crée du sens, en particulier dans le contexte de l’esthétique et de la politique contemporaine. Venant de différents milieux et expériences, les performeur(se)s amèneront à la surface les questions que nous devons poser aujourd’hui. Qui est visible et pour quelle raison ? Pourquoi devons-nous ramener l’attention à la matérialité et au corps ? Pourquoi et comment le corps peut-il devenir politique ? À travers un atelier intime, les étudiant(e)s et les artistes de la performance interrogeront les significations du corps dans sa relation au féminisme, la race, le soin, la résistance, la politique, la solidarité et l’être-ensemble. Durant la partie publique du projet, Claudia Bernal, Bojana Videkanic et les étudiant(e)s présenteront leurs travaux à la Centrale lorsque le public aura la possibilité d’en être témoin.

Bojana Videkanic est artiste de la performance et théoricienne de l’art née en Bosnie-Herzégovine (dans l’ancienne Yougoslavie). Elle est devenue apatride après la chute de son pays natal et est arrivée au Canada en tant que réfugiée parrainée par le gouvernement en 1995. Sa pratique artistique creuse dans ses expériences personnelles de déplacement, de mouvement et d’identité, au croisement des enjeux politiques, sociaux et culturels. Ses travaux récents abordent la transformation de son pays natal en espace de non-droit pour le développement de divers projets néolibéraux capitalistes et de nouvelles formes de colonisation. Elle travaille également sur un projet enquêtant sur le neurocapitalisme et ses effets sur le corps. Videkanic est professeure adjointe des beaux-arts à l’université de Waterloo. Elle est membre du conseil d’administration du 7a*11d International Performance Art Festival Toronto. Ses travaux ont été présentés lors de festivals tels que la Nuit Blanche Toronto (2009), 7a*11d International Performance Art Festival Toronto (2010), MS:T International Festival from Calgary (2012), Hemispherica, Montréal (2014), IPA (International Performance Art) Platform and Workshop, Bristol (2015), IMAFestival, Serbie (2016), Hamilton Biennale (2017), Nona International Residency—Sarajevo, Bosnie (2019) et la Centrale à Montréal (2019). Videkanic est également commissaire.