Du 09 avril 2026 au 23 mai 2026
La Queer Newfoundland Hockey League par Lucas Morneau
Ligue de hockey queer, humour et drag déjanté... L'exposition Queer Newfoundland Hockey League de Lucas Morneau poursuit sa tournée canadienne à La Centrale, dès le 9 avril 2026!
Vernissage : 9 avril 2026, 17h-20h, en présence de l'artiste.
Lieu: La Centrale galerie Powerhouse, 4296 Boul. Saint-Laurent.
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Durée de l’exposition : 9 avril au 23 mai 2026.
Heures d’ouverture : Galerie ouverte le mardi, mercredi et samedi (12h–17h) et le jeudi, vendredi (12h–18h).
Médiation culturelle : 10 avril 2026, 11h-13h, visite guidée par l’artiste Lucas Morneau. RSVP requis. Veuillez écrire à Rosemarie Laporte à communication@lacentrale.org pour réserver votre place et pour plus de détails.
Visites guidées individuelles, de groupes, scolaires : Écrivez-nous à l’adresse communication@lacentrale.org, il nous fera un plaisir de vous faire découvrir l’exposition.
La Queer Newfoundland Hockey League (QNHL) est une ligue de hockey fictive, composée de 14 équipes aux noms inspirés de péjoratifs utilisés contre la communauté LGBT2QIA+. QNHL use de ces péjoratifs afin de se réapproprier des mots lancés à des personnes queers, sur la glace comme en dehors. Ces termes qui se veulent insultants, comme sissy (moumoune) et fag (tapette), sont également adressés à des individus qui ne se conforment pas aux critères hégémoniques de masculinité dans le monde du sport. Au sein des équipes masculines, la conformité et l’agressivité sont célébrées, alors que la sensibilité, la différence et l’identité queer deviennent ostracisantes. Être émotif, attirer l’attention sur ses états d'âme et partager des problèmes personnels signifie potentiellement risquer les représailles de ses coéquipiers.
Chaque maillot de la QNHL est crocheté à la main et emprunte la technique du rughooking (crochetage de tapis), des pratiques artisanales historiquement qualifiées de « travail féminin ». Parmi les maillots, on en retrouve certains dont la maille est faite à partir de bas collants portés par des performeur·euse·s drag, un matériau élastique et inusité. Le bas collant s’agence à la pratique du rughooking pour souligner l’importance historique du crochetage de tapis à Terre-Neuve, ainsi qu’une initiative ingénieuse née dans les communautés rurales de la province; la récolte de bas collants en soie, ensuite transformés en tapis par des femmes employées par la Mission Grenfell.
Certains maillots rendent hommage à d’anciennes équipes issues des nombreuses ligues de hockey séniors qui ont marqué l’histoire de Terre-Neuve ; d’autres arborent des couleurs aujourd’hui absentes des chandails de la LNH (Ligue nationale de hockey). Le mauve, entre autres, était une couleur prisée que l’on retrouvait notamment sur les maillots des Los Angeles Kings et des Anaheim Ducks (plus tard connus sous le nom des Mighty Ducks). Avec le temps, ces deux équipes ont toutefois délaissé cette couleur pimpante pour adopter des chandails presque entièrement noirs.
Chaque maillot s’accompagne d’un masque de gardien de but crocheté s’apparentant à un napperon. Ces napperons-visières font allusion à l’introduction du masque de gardien et à son premier usage à temps plein par le gardien Jacques Plante, qui fut ridiculisé et moqué pour avoir porté un masque à la suite de graves blessures subies lors d’une partie. De nombreux joueurs et fervents amateurs ont alors remis en question la bravoure de Plante et son dévouement au sport. Leurs railleries se sont toutefois dissipées après que Plante eut comparé le fait de jouer sans masque à celui de sauter sans parachute : « Si un homme saute d’un avion sans parachute, cela le rend-il brave? » (Masks for Goalies Gain Acceptance, 1969). Chaque équipe est de plus représentée par une carte d’un·e joueur·euse fictif·ve, regroupant des personnages masculins, féminins et au genre non conforme. Et, petite surprise : les paquets de cartes de jeu cachent chacun un bâton de gomme prémâché.
QNHL se veut une célébration de l’exubérance et d’une masculinité queer et éclatée, renversant avec humour l’intolérance, l’hégémonie masculine et l’homophobie présents dans la culture du sport. L’exposition fait vœu d’inclusion et de déconstruire les codes de genre, afin de magnifier une masculinité positive nouvelle pour les adeptes de sports.

Lucas Morneau (iel/il) est un artiste interdisciplinaire et commissaire originaire de Ktaqmtuk (Terre-Neuve). Employant le drag comme outil central dans sa pratique, Morneau mélange textiles, photographie, vidéo et sculpture aux traditions culturelles queers terre-neuviennes et canadiennes. Son travail explore la performativité du genre et remet en question l’hétéronormativité dominante et les systèmes patriarcaux au sein du Canada et de Terre-Neuve. Morneau a pris part à des expositions solos à travers le Canada, en plus de montrer son travail aux États-Unis et au Royaume-Uni. Iel a complété un baccalauréat en Beaux-Arts à la Memorial University of Newfoundland—Grenfell Campus (2016) et une maîtrise en Beaux-Arts de l’université de Saskatchewan (2018). Iel habite actuellement dans le district Siknikt de Mi’kma’ki (Sackville, Nouveau-Brunswick).
Crédit photo : Annie France Noël