Du 01 juin 2021 au 25 juin 2021

Résidence de performance internationale : Ruth Belinga

La Centrale galerie Powerhouse est fière de présenter le projet Au Jardin d’Éden de l’artiste Ruth Belinga en partenariat avec le Centre International pour le Patrimoine Culturel et Artistique (CIPCA) localisé dans la ville de Yaoundé au Cameroun. Au Jardin d’Éden est un projet de résidence de performance prenant place à la fois dans la galerie du CIPCA et en ligne. Ce projet se déploiera en trois phases, à savoir : la résidence de création et l’exposition dans la galerie du CIPCA puis l’exposition numérique produite par La Centrale. Ce projet a été adapté dans le contexte de la pandémie avec l'intention de créer un pont entre la communauté artistique de Yaoundé et celle du Québec.

Du 1er au 19 juin, le CIPCA accueillera dans son espace galerie l’artiste Ruth Belinga pour une résidence de création en collaboration avec Fabiola Ecot Ayissi, commissaire et directrice du CIPCA. Du 19 au 25 juin, l’artiste présentera le résultat de ses recherches de résidence sous la forme d’une exposition au CIPCA et d’une performance présentée le 19 juin lors du vernissage. Finalement, à partir du 25 juin, le projet Au Jardin d’Éden sera présenté sous forme d’une exposition numérique dans laquelle le public sera invité à suivre les différentes étapes de la réalisation du projet, à découvrir le processus de création de l’artiste et à voir la performance finale.

La performance Au Jardin d’Éden, explore la forêt et la femme, victimes de nos violences, et tient à repousser la fin définitive de ces espaces/corps « sacrés », elle interroge ainsi la place du corps et des croyances de l’autre face à la déforestation pratiquée systématiquement par les sociétés contemporaines en pleine urbanisation. Elle établit un parallèle entre le viol, par la déforestation, des croyances des peuples pour qui la forêt (arbre) est un symbole spirituel significatif fort et le non-respect de l’intimité de l’être humain dont les espaces forestiers sont souvent transformés en produit d’exploitation. L’exploration du corps féminin qui est d’ailleurs une constance dans l’œuvre de Ruth Belinga nous ramène à la mythologie grecque antique où des femmes/nymphes, représentent des déesses de la forêt, malheureusement dévastée par l’action de l’homme.

L’œuvre Au Jardin d’Éden, vise alors à mettre l’Homme face à sa propre conscience, en montrant la cruauté de ses actes vis-à-vis de la nature et par extension, de son semblable, la femme.


Ruth Belinga
Investie depuis ses débuts dans la vie artistique camerounaise, Ruth Belinga effectue des recherches sur l'histoire de l’art pictural au Cameroun. Titulaire d’un doctorat (Ph. D.) en histoire de l'art, elle enseigne également l'histoire de l'art à l'Institut des Beaux-Arts de Foumban (Université de Dschang) tout en étant également commissaire d’exposition. Elle a publié de nombreux articles dans des revues et journaux nationaux et internationaux.
Artiste peintre, vidéaste et performeuse, elle a participé à plusieurs expositions au Cameroun, en Algérie, au Mali, en France, au Brésil, aux Pays-Bas et en République du Congo (Congo-Brazzaville), au Sénégal et au Canada.

Fabiola Ecot Ayissi
Membre fondatrice en 2015 du Centre International pour le Patrimoine Culturel et Artistique (CIPCA), centre d’art associatif situé à Yaoundé. Directrice du CIPCA et commissaire d’exposition, Fabiola Ecot Ayissi s’intéresse à la dynamique de création artistique à l’œuvre en Afrique centrale depuis les indépendances (années 60), plus particulièrement en Guinée équatoriale et au Cameroun, chez des plasticiens comme Leandro Mbomio, Gaspar Gomán, Joseph-Francis Sumegne, Dieudonné Fokou, Ruth Afane Belinga ou Salifou Lindou. Dans sa pratique commissariale, elle travaille également à une approche contemporaine de l’art africain ancien dit « tribal ».

CIPCA
Le CIPCA (Centre International pour le Patrimoine Culturel et Artistique) est une association de droit camerounais basée à Yaoundé, capitale du Cameroun. Le CIPCA s’est constitué en Centre d’art associatif « physique » depuis 2018. Il réunit des acteurs culturels, des chercheurs, des créateurs, et des personnes intéressées par la préservation patrimoniale en Afrique (arts plastiques et culture orale). L’initiative est née du désir de contribuer à dynamiser, à travers des activités artistiques, l’approche sur le patrimoine culturel en Afrique, qu’il soit matériel ou immatériel (patrimoine sonore) et de partager avec le plus grand nombre cette ambition. Le CIPCA soutient la création contemporaine et propose une réflexion autour de l’art ancien et actuel, des archives et de la promotion des langues locales. Le Centre accueille le public et les professionnels dans un espace comprenant notamment une galerie d’art, un espace de documentation (livres et archives numériques). Il accueille également les artistes en résidence de création. Pour plus d’informations : http://www.cipcalab.org/

Crédit photo : Ruth Belinga, My name is, 2018. Photo : Kamissa Ma Koïta