Du 29 avril 2016 au 27 mai 2016

To Valerie Solanas and Marilyn Monroe in Recognition of their Desperation

Boudry / Lorenz (Berlin)

Exposition du 29 avril au 27 mai 2016
Vernissage Vendredi 29 avril, 18h à 21h
Présentation d'artiste 19h

Six interprètes suivent la partition To Valerie Solanas and Marilyn Monroe in Recognition of their Desperation, que la compositrice Pauline Oliveros
a écrite en 1970, suite à la lecture du texte Scum Manifesto de Valerie Solanas (aussi connue pour avoir tiré sur Andy Warhol).

La composition d’Oliveros demande aux interprètes de choisir chacun.e cinq notes à jouer en produisant des sons très longs, modulés ou
non. Au milieu de la pièce, les interprètes imitent les notes et modulations des autres. Des signaux lumineux – rouge, jaune puis bleu, ainsi
que deux signaux donnés par un stroboscope – structurent la composition. Si l’un.e des interprètes devient trop dominant.e, les autres sont
invité.e.s à jouer, également, plus fort afin d’absorber cette dominance dans la texture et la structure de la pièce. « C’était exactement cette
compréhension de la tension entre la communauté et l’individu qui m’a intéressée dans Scum Manifesto, et qui est devenue le principe ou la
philosophie de la musique que j’ai écrite à partir de ce moment-là. » (Oliveros)

La pièce To Valerie Solanas and Marilyn Monroe in Recognition of their Desperation est basée sur l’imprévisibilité de la musique, des hauteurs
du son et des rythmes restant indéfinis. Rien n’est connu avant que la musique ne soit jouée. Les instructions sont faites de telle manière
qu’elles permettent « une circulation continue de pouvoir » entre l’écoute et le jeu, un donner et un recevoir, qui comme dit Oliveros, permet
une attention particulière à la relation entre soi-même et les autres. Dans le film, une protagoniste supplémentaire entre en jeu : une caméra
16mm qui se déplace en permanence et qui interagit avec les performeur.euse.s.

Ce travail pose la question des possibilités et des limites d’une politique qui se base sur la forme musicale et filmique. Est-ce que les sons, les
rythmes et la lumière peuvent devenir révolutionnaires ?

Pauline Boudry et Renate Lorenz travaillent ensemble à Berlin depuis 2007. Leurs mises en scène et leurs installations vidéos prennent souvent pour point de départ une chanson, une image, un film ou un script du passé. Elles produisent des performances pour la caméra, mettant en scène les actions d'individus et de groupes vivant - et même prospérant - à l'encontre de la norme, de la loi et de l'économie. Leurs vidéos bouleversent les récits historiques normatifs par la manière dont les personnages sont mis en scène, projetés et superposés. Leurs performeur.euse.s sont des chorégraphes, des artistes et des musicien.ne.s, avec lesquel.le.s Boudry et Lorenz entretiennent un dialogue soutenu à propos de la performance, de l'importance accordée au visuel depuis les débuts de l’ère moderne, de la pathologisation des corps, mais aussi à propos du glamour et de la résistance.

Leurs plus récentes expositions incluent Portrait of an Eye, Kunsthalle Zürich (2015), Loving, Repeating, Kunsthalle Wien (2015), Patriarchal Poetry, Badischer Kunstverein (2013), Aftershow, CAPC, Bordeaux (2013), Toxic Play in Two Acts, South London Gallery (2012) et Contagieux! Rapports contre la normalité, Centre d'Art Contemporain, Genève (2011).

Performeur.euse.s:

Rachel Aggs
Peaches
Catriona Shaw
Verity Susman
Ginger Brooks Takahashi
William Wheeler