Du 07 octobre 2015 au 10 octobre 2015

VIVA Art action! 2015

Festival d'art action et de performances

Boryana Rossa (Bulgarie - États-Unis)
Nataliya Tchermalykh (Kiev - Genève)

VIVA! Art Action du 7 au 10 octobre 2015

Conférence de Nataliya Tchermalykh jeudi 8 octobre, 16h
Performance de Boryana Rossa jeudi 8 octobre, 20h

 

** LA CENTRALE FERMERA EXCEPTIONNELLEMENT À 17H DU 7 AU 10 OCTOBRE !

La 5e édition de VIVA! Art Action aura lieu à Montréal du 7 au 10 octobre 2015, aux Ateliers Jean-Brillant (661 Rose de Lima, Montréal, H4C 2L7). Singulière et conviviale, cette biennale permet des rencontres mémorables entre les artistes, le public et les diverses pratiques en art action les plus remarquables du Québec et de l’étranger. Pour la programmation complète, visitez vivamontreal.org.

Dans le cadre de cette programmation, La Centrale est fière de présenter la conférence de Nataliya Tchermalykh: Art is Facing Fire : Désobéissance féministe et décoloniale dans la performance publique engagée face au conflit russo-ukrainien en 2014-2015 ainsi que la performance On Focus: The Interior de Boryana Rossa!

Conférence de Natalya Tchermalykh : Art is Facing Fire : Désobéissance féministe et décoloniale dans la performance publique engagée face au conflit russo-ukrainien en 2014-2015

L'analyse portera sur la circulation entre théories et pratiques de l’art contemporain féministes et protestataires produites par les artiste-femmes russes et ukrainiennes en réaction au conflit militaire, opposant l’Ukraine à la Russie. Ces influences réciproques entre théorie et pratique, présentes implicitement ou explicitement dans les oeuvres artistiques, seront étudiées à partir des graffitis du groupe Ghandi (Omsk-St-Petersbourg), des bannières graphiques de Viktoria Lomasko (Moscou) et des mono-performances publiques — forme d’art protestataire, qui gagne de plus en plus de visibilité en ex-URSS — telles les sculptures performées de Maria Kulikovskaya (République autonome de Crimée, Ukraine), réalisées dans l’Hermitage (St-Petersbourg) et les performances politiques de Kado Cornet (St-Petersbourg). La démonstration et la description de ces représentations et performances contrebalancera l’hyper-visibilité des FEMEN et Pussy Riot comme seules représentantes du féminisme post-soviétique. La discussion se focalisera donc sur les formes artistiques où l’espace public est investi d’un message d’ordre politique dont seront analysées les transformations sémantiques, liées à l’aspect formel et spatial de l’oeuvre, localisée dans l’espace hybride reliant la rue et la cyber-sphère.


Performance de Boryana Rossa : On Focus: The Interior

Le corps a été perçu différemment à différents temps historiques. Ces compréhensions paradigmatiques ont produit des images souvent contradictoires, révélant la complexe compréhension de notre corps et de la manière dont il se rapporte à notre vie sociale.

Par exemple, la libération du corps féminin et de la sexualité féminine, revendiquée par les féministes des années 60, était généralement basée sur l'épanouissement de la femme par l'entremise de l'iconographie de la déesse et par une imagerie féminine essentialiste. Cette perception, dont la force, particulièrement à cette époque, est indéniable, a été contesté non seulement par une misogynie persistante, qui encore définie la femme comme inférieure à l'homme, mais aussi à d'autres niveaux par le perfectionnement technologique qui permet l'accès à un corps féminin idéal à celles qui ne l'ont pas, créant de nouveaux territoires pour l'objectification de la femme. En outre, les féminismes et les idées queer contemporaines ont commencé à impliquer l'esthétique androgyne et transgenre aux pratiques sociales, étendant ainsi les précédentes formes de représentation.

Cette pièce est un hommage à The Interior Stroll de Carolee Shneemann, probablement l'une des œuvres performatives qui l'a le plus influencée, en faisant état de la révolution sexuelle occidentale du siècle dernier.

En tant qu'européenne de l'est, Boryana Rossa accumule différentes histoires. Elle est aussi d'une différente génération – celle de l'accélération technologique des années 90 qui ont produit de nouveaux territoires habitées à la fois par la misogynie et le féminisme, tels les espaces virtuels et la chirurgie plastique, créant ainsi de nouvelles contradictions nécessitant de nouvelles approches. Elle portera son Amazon Amor Bra – un soutien-gorge fait à partir de lentille montrant les cicatrices de sa mastectomie. Le texte qu'elle lira sera différent de celui de Shneemann, qui célébrait le vagin, dans une tentative d'actualiser la performance.

Nataliya Tchermalykh est théoricienne d’art et commissaire féministe ukrainienne, actuellement doctorante à l’IHEID (Genève). En 2014, elle a publié Will Pussy Riot Dance on #Euromaidan? New Dissidence, Civic Disobedience and Cyber-Mythology in the Post-Soviet Context, dans le numéro 1-2014 de la revue Gender and Religion et, en 2015 le livre d'art Paysages instables : artistes ukrainiens entre révolution et guerre aux Éditions de la Galerie Pangée (Montréal).

Boryana Rossa est une artiste interdisciplinaire, auteure et commissaire. Son travail est fortement engagé dans les théories féministes et les questions du genre. Il a été diffusé internationalement et fait parti de plusieurs collections telles que les archives de l'art performatif de re.act.feminism, Kontakt, Art Collection Erste Group/ERSTE Foundation, Sofia City Art Gallery, entre autres. En 2004, en collaboration avec l'artiste et cinéaste russe Oleg Mavromatti, Boryana Rossa fonde ULTRAFUTURO – un groupe d'art engagé dans les enjeux de la technologie, la science et leurs incidences sociales. Leur travail à été diffusé à la Foundation for Art and Creative Technologies (FACT), Liverpool (EN), et la Société des arts technologique (SAT), Montréal (CA).

Boryana Rossa est détentrice d'un doctorat du département des arts de Rensselaer Troy, New-York (USA), sur la Post Cold-War Gender Performances et est présentement professeure adjointe au département de Transmédia à l'université Syracuse, New York (USA). Elle est aussi directrice du Sofia Queer Forum, conjointement avec le philosophe et activiste Stanimir Panayotovand, aussi membre du New York Film Academy (NYFA), tout comme Mavromatti.